Sur les marchés financiers, il faut se méfier des évidences.
S'il est probable que le coût du pétrole continue de grimper vers 150 USD le baril, son prix pourrait refluer très brutalement.
Paradoxal, pas tant que cela!
En effet le prix du pétrole exprimé en panier de devises ( par exemple Yen, USD et EUR) n'a probablement qu'assez peu varié sur un an, et en tout cas il n'a pas doublé contrairement à l'illusion optique que génère son prix en USD.
De ce fait il y a dans la hausse du pétrole en USD une mesure de protection... contre la baisse de l'USD. Or celle ci peut prendre fin, si le USD redevient une valeur refuge, si la confiance dans les US remonte, si la Chine adopte le USD comme devise ( peg du Yuan sur le USD), ce qui ne serait pas absurde du fait des investissements chinois en USD. Trop d'intervenants ont intérêt à maintenir la valeur du USD pour le laisser partir dans une dérive de perte de valeur accélérée.
Tout ce qui monte doit redescendre.
Il est devenu tellement commun que le pétrole ne peut que monter, que je parierai presque sur une brutale correction.
La folle hausse du pétrole a pour origine probable la prise de conscience de l'arrivée du peak oil. Jamais le sentiment de rareté de l'or noir n'a été aussi répandu, et c'est probablement une bonne chose. Le pétrole une fois brûlé tue notre atmosphère, notre climat et notre Terre ( nous aussi par voie de conséquence).
Toutefois si nul ne peut s'illusionner sur l'inéluctable tendance haussière du pétrole sur les 10 à 50 prochaines années, il n'y a pas de risque réel de pénurie à horizon de 2008 ou 2009. Il y a donc bien un mouvement d'irrationnelle exubérance du marché pour paraphraser Greenspan. On peut donc attendre le krach de la bulle de pétrole après celui de feu la nouvelle économie.
Il est peu vraisemblable que le pétrole revienne à 50 USD ou même 50 EUR le baril, mais une correction de 30% du mouvement de doublement de l’année passée me semble probable avant la fin de 2008.
Il est aussi probable que les services de comm des pétroliers en profiteront pour dire que tout va bien et que le pétrole ne manque pas et ne serait pas si cher sans ces affreux hedge funds…. (qui ne l’oublions pas révèlent plus que provoquent, notre fragilité humaine).
Puis le cours du pétrole repartira, souhaitons le, à la hausse dans un lent mouvement historique qui nous permettra de nous rendre compte du vrai coût global de l’or noir sur notre économie, notre civilisation, notre vie, et rendra indispensable les investissements dans d’autres formes d'énergie, peut être plus difficile, moins “gratuites”, mais moins dévoreuses d’atmosphère.
La seule vraie arme contre le réchauffement climatique, c’est le coût insupportable de notre énergie de tous les jours. le seul vrai danger à court terme, c’est la relance du charbon comme alternative au pétrole. Si nous abandonnons le carbone, c’est parce que son usage instantané deviendra hors de prix.
Montety, Féral & Cie

