On entend souvent des chefs d'entreprises nous dire que leur boite "vaut" 50, 75 ou 100% d'une année de Chiffre d'affaires, ce qui dans l'absolu ne veut rien dire.
En effet une entreprise s'achète, quelle que soit la manière dont on prend le problème, à partir de ses flux futurs de bénéfices ( RN) qui vont "rembourser" l'investisseur/acheteur de sa mise de fonds/prise de risque.
Une entreprise qui fait des gros bénéfices, exprimés en % du Chiffre d'affaires, par exemple des Résultats Nets supérieurs ou égaux à 10 % du CA, vaudra toutes choses égales par ailleurs, deux fois plus que la même entreprise qui ferait un RN de 5 % du Chiffre d'affaires.
Dans le même esprit, une entreprise qui fait un RN de 10 % du CA en année N, après avoir fait 2,5 % en N-2 et 5 % en N-1, vaudra plus que la société qui fait 5 % sur les 3 années.
Dans le e.commerce, qui revient à la vie sur le plan financier, on observe le même phénomène avec les mêmes accélérations qu'à la fin des années 90, mais fondées cette fois ci sur du vrai Chiffre d'affaires, avec des vrais clients et surtout des vrais résultats nets.
De ce fait, et très loin des foutaises d'eye ball catching de la première Bulle, on a aujourd'hui des PME qui peuvent démontrer qu'elles ont survécu aux vaches maigres des années 2002/2005, qu'elles maîtrisent bien à la fois le marketing, le "customer experience" ET la logistique ET qu'elles gagnent de l'argent, souvent chaque année un peu plus.
De ce fait, des entreprises de e.business, e.commerce ou e.service, se vendent aujourd'hui sur des multiples de résultat qui vont de 10 à 25 soit 2 à 4 fois plus cher que la PME "de base".
Comment expliquer cela?
Principalement pour deux raisons.
La première est que le e.business ayant décollé depuis quelques années et devenant aujourd'hui tant en e.commerce, qu'e.pub ou e.service une part essentielle de la croissance, les acteurs économiques traditionnels, qui avaient pris pretexte des errements de la première bulle pour ne rien faire ou pas grand chose, se ruent aujourd'hui sur le secteur pour acheter ce qu'ils n'ont pas su construire (voir Maurice, Vincent, Arnaud et les autres...). Cet appétit, spéculatif entretient une forte demande pour les entreprises liées à Internet qui ont une gestion saine et solide.
La seconde est que ces entreprises sont effectivement entrées dans le cercle vertueux évoqué à l'envi entre 98 et 2001, d'une forte croissance des ventes, permettant un amortissement rapide de frais fixes plus faibles que leurs concurrents "physiques" ( dont elles ont parfois repris quelques oripeaux pour faire sérieux) et partant de rentabilité en croissance plus rapide que leurs ventes. De ce fait les profits futures semblent assurés d'être plus élevés que les profits actuels et ce de manière "structurelle" et infinie bien sur :-)), jusqu'au prochain krach, mais... tant qu'il y a des Maurice, Vincent et Arnaud pour acheter....
Montety, Féral & Cie

