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Les banques, face à une demande de crédit en panne

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Comme je vous l'avais déjà signalé avant l'été 2009, les banques commerciales sont inquiètes de la faiblesse de la demande de crédit de la part des PME.
Fondamentalement, une banque est une épicerie si elle ne vend pas de crédit son activité crédit disparaît, ce qui est bien plus embêtant pour elle que beaucoup ne le croient.
Peu avant l'été, j'ai été contacté par un banquier, d'une banque française parfaitement honorable, me demandant si par hasard je n'aurais pas des clients, PME, désireux de s'endetter un petit peu pour financer des projets. En 20 ans de carrière je n'avais jamais ni vu ni entendu ni même entendu parler d'un tel démarchage.
Il y a quelques semaines, j'ai rencontré le directeur de l'activité PME d'une autre banque française, celui-ci expliquait d'un air bien embêté que tenir des objectifs de crédit, tels que voulu par le gouvernement, était tout simplement impossible car la demande de crédit qui s'adressait à eux était soit inexistante, soit très faiblement solvable.
Il y a quelques jours j'ai à nouveau été contacté par un chargé de clientèle Entreprise d'une grande banque internationale dotée d'un important réseau en France...
Il m'appelait pour me donner les nouvelles règles du jeu du LBO sur PME :
la banque peut financer jusqu'à 60 % du prix de la transaction,
le prix de cession doit se situer aux alentours de trois fois l'EBE courant,
la charge annuelle de remboursement ne doit pas dépasser 70 % du résultat net prévisible, et ce pendant toute la durée de la dette.
Dit comme cela, cela n'a rien d'extraordinaire, et pourtant :
cela signifie tout d'abord que le niveau d'endettement d'un LBO ordinaire qui était bloqué à 50 % depuis plus d'un an remonte à 60 %,
cela signifie ensuite que la charge de remboursement acceptable qui était plutôt autour de 60 % remonte à 70 % du résultat net,
cela signifie aussi que les banques sont vraiment à la recherche de demande de crédit, solvable.
Le banquier poursuivit en expliquant, que bien entendu, ces « règles du jeu » correspondaient à un LBO simple, « pour le financement de la croissance externe d'une entreprise existante, on peut bien évidemment améliorer ces ratios ».

Un autre banquier, spécialiste des PME, nous déclarait lui aussi il y a quelques jours, que son souci principal était de rencontrer des entrepreneurs enthousiastes, capables de bien expliquaient leur projet stratégique, plus que de produire des feuilles Excel au kilomètre.

Nous rencontrons beaucoup de banquiers, presque autant que d'entrepreneurs, nous entendons les plus hautes autorités de l'État se plaindre des banquiers, ce que font aussi des entrepreneurs, alors que les banquiers se plaignent de la faiblesse de la demande de crédit.

Il serait sans doute temps que l'État s'occupe un peu moins de prétendre piloter la banque commerciale, et que les entrepreneurs apprennent à comprendre le métier et les attentes des banquiers.
Il serait certainement temps que les banquiers apprennent à expliquer clairement aux entrepreneurs ce qu'est le métier de banquier quand il fait crédit à une entreprise.

L'expérience acquise par Montety, Féral & Cie lors d'appels d'offres bancaires, pour financer des projets d'acquisition de PME par d'autres PME, nous permet aujourd'hui de dire qu'il y a à clair problème de communication entre les banquiers et leurs clients, cette constatation est d'une originalité navrante.
Je ne me rappelle pas depuis la création de Montety, Féral & Cie qu'un seul projet d'acquisition de PME ait avorté par absence de financement bancaire.
C'est certainement dû à la qualité des documentations que nous présentons aux banques :-)
C'est plus encore du à la mise en place d'un appel d'offres ouvert à trois ou quatre banques.Cet appel d'offres nous permet d'une part de trouver la banque qui a envie de prêter ce jour-là à ce type d'entreprise dans ce type de secteur, et d'autre part de faire jouer une saine émulation entre les différentes banques candidates.
En un mot comme en 100, votre banquier n'est pas un ami, vous ne lui devez pas fidélité, il ne vous doit pas fidélité.
Quand vous déposez de l'argent chez lui, vous lui faites confiance, et vos dépôts sont souvent garantis.
Quand le banquier vous prête de l'argent il vous fait confiance et son crédit n'est que très partiellement garanti.
Quand vous utilisez les services de gestion des flux de votre banque, vous payez pour un service spécifique et distinct des deux précédents.
Pourquoi donc n'auriez-vous pas trois banques ?

Posté par olivier

  • 2010/02/09
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